Le président sud-coréen Lee Jae-myung a récemment effectué une visite d'État en Mongolie, marquant le premier déplacement d'un chef d'État sud-coréen dans le pays depuis quinze ans. Ce voyage s'est achevé sur l'annonce d'une "ère dorée" de partenariat, concrétisée par la signature de vingt et un accords de coopération, dont un important Accord de Partenariat Économique Global (APEG), équivalent à un accord de libre-échange.

L'intérêt de la Corée du Sud est claire: sécuriser de nouvelles sources d'approvisionnement en matières premières. En échange de la suppression de tarifs douaniers (entre 2 et 5%) sur des minerais mongols comme le cuivre et le molybdène – essentiels à ses industries de pointe (technologie, automobile, semi-conducteurs) – la Corée du Sud verra la Mongolie réduire ses propres tarifs sur des produits manufacturés tels que les cosmétiques et les équipements de construction. Une délégation massive d'entrepreneurs sud-coréens, comme POSCO Holdings ou Kakao Bank, a accompagné le président, soulignant l'importance de cette dimension commerciale et l'appétit de Séoul pour les ressources mongoles.

Pour la Mongolie, ces investissements sont présentés comme cruciaux pour ses efforts de diversification économique. Pourtant, un examen attentif révèle que l'essentiel des fonds continue d'être canalisé vers le secteur minier. Au cours de la dernière décennie, la Corée du Sud a investi plus de 1,1 milliard de dollars en Mongolie. Les initiatives pro-business du nouveau Premier ministre mongol, Uchral Nyam-Osor, comme "Unlock Mongolia", visent à attirer des investissements diversifiés, un objectif qui reste à confirmer dans les faits.

Au-delà de l'économie, la coopération s'étend à la santé (avec la promesse d'un second centre national de cancérologie), l'éducation, l'agriculture et la transition énergétique. La reconnaissance mutuelle des permis de conduire témoigne également de liens culturels forts et de la présence d'une diaspora mongole en Corée. Géopolitiquement, la Mongolie se positionne comme un acteur stable dans une région complexe, partageant avec Séoul une vision pacifique pour l'Asie du Nord-Est et offrant un canal de dialogue potentiel avec la Corée du Nord, un rôle que Séoul espère voir renforcé.