Un bateau militaire chinois a franchi une ligne rouge dimanche en menant des exercices à tirs réels dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, une première selon Tokyo. Cette manœuvre provocatrice s'est déroulée à environ 180 kilomètres de l'île d'Okinotori, la plus méridionale de l'archipel nippon, dont les eaux avoisinantes sont revendiquées par le Japon comme faisant partie intégrante de sa ZEE.
Pékin rejette catégoriquement la désignation d'Okinotori comme île, insistant sur son statut de récif et niant ainsi toute extension de ZEE japonaise autour de celle-ci, ce qui justifierait ses opérations militaires dans ces eaux. Si un porte-avions et un navire de recherche chinois avaient déjà pénétré cette zone en 2025, c'est la première fois qu'un navire de guerre étranger y effectue des tirs réels.
Parallèlement, la mer de Chine méridionale a été le théâtre d'une altercation violente lundi, lorsqu'un navire des garde-côtes chinois a approché un récif contrôlé par les Philippines mais revendiqué par Pékin. La marine philippine, stationnée sur place, a déployé des canots pneumatiques pour repousser l'embarcation chinoise. Les autorités philippines rapportent qu'un de leurs marins a été grièvement blessé à la tête, prétendument frappé par un membre d'équipage chinois avec une matraque en bois. Une version des faits contestée par la Chine, qui affirme avoir agi en légitime défense après une agression initiale de marins philippins.
Les États-Unis, par la voix de leur secrétaire d'État, Marco Rubio, en visite aux Philippines pour le sommet de l'ASEAN, ont vivement condamné les actions chinoises, les qualifiant de "provocations troublantes" qui "sapent la paix et la stabilité régionales" et contredisent les engagements de Pékin à résoudre les différends pacifiquement.
Ces incidents interviennent alors que les ministres des Affaires étrangères philippin et chinois doivent se rencontrer lors du sommet de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Manille. La Chine maintient des revendications territoriales avec pas moins de six pays en mer de Chine méridionale, en plus de ses litiges avec le Japon, l'Inde et le Bhoutan, soulignant une politique d'expansionnisme qui fragilise la paix et la sécurité dans l'ensemble de la région asiatique.



