La Chine est sur le point d'inaugurer le canal de Pinglu, un projet d'infrastructure colossal conçu pour dynamiser son commerce avec l'Asie du Sud-Est. La livraison récente du « Pinglu 001 », premier navire de commandement et de gestion, marque l'une des dernières étapes avant l'ouverture officielle de cette voie navigable stratégique, après des années de travaux intensifs.
Estimé à 72,7 milliards de yuans (environ 10,8 milliards de dollars américains), ce canal de 134 kilomètres relie Nanning, capitale de la région autonome du Guangxi Zhuang, au golfe du Tonkin, entre la Chine et le Vietnam. Son objectif principal est clair : accélérer considérablement le flux de marchandises et réduire les coûts de transit avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), le plus grand partenaire commercial de la Chine.
Une flotte de navires de commandement, dont le « Pinglu 001 », patrouillera le canal pour superviser la navigation et gérer les situations d'urgence. Ces embarcations polyvalentes, capables d'opérer aussi bien en eaux côtières qu'intérieures, peuvent transporter jusqu'à cinquante membres d'équipage. Leurs systèmes de navigation intelligents sont actuellement testés dans les installations côtières de Qinzhou, au Guangxi, là où le canal se jette dans la mer, selon des informations du Quotidien du Peuple.
L'inauguration du canal devrait coïncider avec la 23e Expo Chine-ASEAN, prévue du 17 au 21 septembre à Nanning, soulignant l'importance stratégique de ce projet pour Pékin. Cette nouvelle artère maritime s'inscrit pleinement dans la stratégie chinoise d'affirmer sa puissance économique et son influence dans la région. Si le canal promet des gains d'efficacité logistique indéniables, il renforce également la dépendance des chaînes d'approvisionnement régionales envers l'infrastructure chinoise, soulevant des questions sur la centralisation du pouvoir économique et les impacts environnementaux à long terme de telles mégastructures sur l'écosystème du golfe du Tonkin.
