Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé une décision alarmante ce mardi 1er septembre : son assistance en Cisjordanie occupée sera réduite de moitié, ramenant à seulement 200 000 le nombre de bénéficiaires. Cette coupe draconienne est directement imputable à un manque criant de financements, jetant une ombre sur la survie de milliers de familles palestiniennes. La situation, déjà précaire, risque de basculer dans une crise humanitaire majeure.

Cette réduction est d'autant plus préoccupante que les besoins alimentaires en Cisjordanie ont plus que doublé en seulement deux ans. Actuellement, près de 900 000 personnes – soit plus d'un quart de la population – vivent dans une situation d'insécurité alimentaire. Il y a à peine deux ans, ce chiffre ne représentait que 11 %. L'organisation souligne que la recrudescence des violences perpétrées par les colons israéliens, combinée aux déplacements forcés de populations, perturbe gravement les moyens de subsistance, exacerbant la faim et plongeant les familles toujours plus profondément dans la pauvreté.

Même avant ces coupes, l'aide du PAM, qui touchait 400 000 personnes parmi les plus vulnérables, était déjà insuffisante pour répondre à l'ampleur des besoins. Les denrées peuvent être disponibles sur les marchés locaux, mais la population n'a tout simplement plus les moyens de les acquérir. Plus d'un tiers des habitants peine à couvrir ses besoins fondamentaux et à se procurer une alimentation nutritive, une réalité alarmante qui témoigne d'une crise économique et sociale profonde, exacerbée par l'occupation.

Cette crise de financement ne se limite pas à la Cisjordanie. Les opérations du PAM à Gaza sont également menacées, où l'agence soutient 1,5 million de personnes, dont un million dépend d'une aide alimentaire mensuelle. En juillet dernier, l'aide financière à 375 000 habitants de Gaza a déjà été réduite de 40 %, et de nouvelles coupes sont inévitables sans financements additionnels. Le PAM lance un appel urgent pour 386 millions de dollars afin de venir en aide à près de deux millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire à Gaza et en Cisjordanie occupée. Une inaction internationale face à cette urgence risque de transformer une crise chronique en une catastrophe humanitaire d'une ampleur sans précédent.